La baisse du seuil de réussite dans l'enseignement supérieur : un mauvais signal donné aux étudiants !

Je n'ai pas pour habitude de m'inscrire à des "groupes" sur Facebook mais j'ai rejoint l'initiative d'étudiants qui ont monté une action contre la baisse du seuil de réussite dans l'enseignement supérieur.

Les standards européens sont fixés à 12/20. La Belgique suivait la même logique. Le système de cotation était clair et les étudiants s'y retrouveraient parfaitement.

Or, l'une des mesures du décret réformant l'enseignement supérieur du Ministre Marcourt (qui vient d'être voté le 6/11 au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles), modifie complètement la donne. Le seuil de réussite pour un cours, pour une année académique ou pour une dispense est désormais abaissé à 10/20.

Cette modification est un mauvais signal donné aux étudiants (qui n'étaient d'ailleurs pas demandeurs de pareille mesure). C'est clairement un nivellement par le bas, alors que notre enseignement supérieur a toujours eu une réputation d'excellence.

En séance plénière du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le Groupe MR a déposé un amendement pour maintenir le statu quo et conserver un système qui a fait ses preuves depuis des années et que les étudiants connaissent. Notre amendement a été balayé d'un revers de la main par la majorité PS-cdH-Ecolo. Idem pour celui qui relayait la demande insistante du secteur de reporter d'un an l'entrée en vigueur de la partie du décret réformant l'organisation des études.

Nos établissements nous affirment qu'ils ne pourront pas être prêts pour la rentrée 2014 comme le prévoit ce décret. Pourquoi ne pas leur faire confiance ? Il s'agit d'une réforme de grande ampleur, pourquoi risquer de la bâcler et se précipiter ?

Le décret adopté par le gouvernement PS-CDh-Ecolo affirme « placer les étudiants au centre de la réflexion », mais ce n'est pas en changeant les cotes qu'on fera mieux réussir nos jeunes. Un des points qui nous semble essentiel pour améliorer l'accessibilité de notre enseignement supérieur est d'agir sur la qualité de notre enseignement obligatoire. Mais ce débat-là n'a en jamais été entamé par le gouvernement au cours de ces cinq années de législature.

Le nombre d'étudiants ayant accès au supérieur a augmenté, mais le taux d'échec en 1ère année est toujours aussi important. Là est pour nous le vrai problème ! Et ce n'est pas en faisant mine d'abaisser le niveau d'exigence que l'on résoudra ce problème fondamental.
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