Peut-on débattre à l'ULB ?

Des "agitateurs" ont empêché Caroline Fourest de participer à un débat à l'ULB. La question se pose : l'ULB est-elle encore un lieu de libre expression ?

Le journal "Le Soir" m'a contacté, au même titre que deux autres personnalités d'ULB (Jean-Jacques Jespers et Hervé Hasquin, qui devait lui aussi participer au débat) pour me demander mon avis sur la liberté d'expression à l'ULB...

- Extrait -

Est-il encore possible d’organiser des débats à l’ULB ?
Absolument. A l’ULB, on doit pouvoir parler de tout. Mais d’une certaine manière. Et on doit surtout écouter, laisser parler l’autre, ne pas l’interrompre. Le principe du libre examen, la tolérance, le respect de l’identité de l’autre, ce sont des valeurs qui, je l’espère, resteront à l’ULB, malgré les groupes de pression comme ceux de mardi qui font tout pour détruire ce genre de valeurs. Ces personnes qui ont gâché cette soi- rée avec une oratrice extraordinaire qu’on ne peut pas taxer de parti pris et qui dénonce un certain nombre de situations qui vont à l’encontre de nos principes de liberté, ces gens n’ont plus leur place à l’ULB. Si elle veut pouvoir continuer à être l’université du libre examen, de la libre pensée, de la tolérance, du respect de l’identité de chacun, où on apprend à vivre ensemble dans une société multiculturelle, l’ULB doit poser un geste fort. Et je n’irai pas par quatre chemins : ces gens doivent être exclus de l’université.

Ces gens ?
L’agitateur que je ne nommerai pas et ses acolytes méritent d’être sanctionnés et exclus. Ils n’ont pas leur place à l’université. Ils sont bien identifiés : tout a été filmé. Je n’étais pas à la soirée, j’étais retenu ailleurs, mais je subodorais qu’il y aurait des incidents : l’agitateur en question a fait circuler ce week-end des messages sur facebook où il recrutait quelques dizaines de personnes qui accepteraient de porter la burqa pour provoquer les incidents. On savait que ça allait se passer.

Fallait-il dès lors les empêcher d’entrer ?
Empêcher, c’est difficile : tout le monde vient, on est libre d’entrer et on part du principe que les gens qui entrent viennent avec de bonnes intentions. Mais si on a des informations selon lesquelles il pourrait y avoir des incidents, alors on prend les mesures préventives, on met en place un service d’ordre, on évacue les agitateurs. Et on permet à la conférence de se tenir. Ce n’est pas la première fois que ce personnage joue ce rôle-là.

Les autorités de l’ULB ont-elles été laxistes en le maintenant comme assistant ?
Elles ont été laxistes. Ce personnage a été à la source de quelques événements parmi ceux qui ont motivé ma démission de la Fondation ULB. Ce qui s’est passé mardi, ce n’est pas une découverte. C’est la suite d’une longue série et j’avais mis les autorités en garde. Je leur avais dit : faites preuve de fermeté, vous serez débordés, vous au- rez d’autres incidents. Et malheureusement le voilà.

Exclure, n’est-ce pas dictatorial ?
Exclure les personnes qui empêchent les autres de parler, ce n’est pas faire preuve de dictature, que du contraire : c’est une preuve de tolérance et de respect envers ceux qu’on invite à venir parler. A l’ULB, on doit être capable d’évoquer tous les sujets : il n’y a pas de sujet tabou. Par contre, il faut absolument combattre ceux qui voudraient qu’on ne discute pas de certaines choses. Tous les débats peuvent se faire dans le calme et la dignité. Pas dans l’agitation, la turbulence voire la violence.

Le phénomène peut-il se reproduire, même si les agitateurs de mardi sont exclus ?
Le phénomène va se reproduire parce qu’il aurait fallu réagir plus tôt. Je crois que maintenant il est trop tard. Mais si on ne fait rien, cela veut dire que l’ULB a démissionné. Donc il faut réagir, même si ça n’empêche pas qu’il y ait encore d’autres incidents. Il faut tenir tête, montrer que nous sommes dans une démocratie, qu’aucune dictature, aucun dogme ne nous empêchera de parler. A l’ULB, nous devons certaine- ment continuer les conférences telles qu’elles sont prévues, même s’il y a des sujets brûlants. Si on n’en parle pas à l’ULB, où va- t-on en parler ?

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Quelles sont les mesures envisagées dans le cadre du Plan Cancer ?

Le 4 février aura lieu la journée mondiale contre le cancer.

L'OMS estime que cette maladie, sous ses diverses formes, aura fait 84 millions de morts entre 2005 et 2015 si nous ne continuons pas à renforcer la lutte contre le cancer.

Ce jeudi 2 février, en séance plénière du Sénat, j'ai interpellé la Ministre de la Santé au sujet du Plan cancer, de son évaluation et des nouvelles mesures qui seront adoptées ou amplifiées. J'ai insisté sur l'importance de la prise en charge de la maladie et j'ai rappelé qu’un nombre significatif de cancers peuvent être soignés par la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie, surtout s'ils sont détectés suffisamment tôt.

Plus précisément, je souhaitais connaître les mesures spécifiques envisagées rapport aux tumeurs cérébrales, en progression régulière depuis les années 80. En Belgique, il y a actuellement 1000 nouveaux cas de tumeur cérébrale par an, dont un nombre important de jeunes.

J'ai en outre insisté auprès de la Ministre sur l’importance de la création d’un centre d’hadronthérapie (thérapie par flux d’ions). En effet, si nous avons, dans notre pays, une société leader mondial dans la conception, l’assemblage, la vente et l’installation de ce type d’appareillage, nous n’avons pas de centre d’hadronthérapie. En l'état actuel, les médecins sont dès lors obligés d’envoyer leurs patients se soigner à l’étranger dans des centres de traitement qui, débordés par les demandes, en viennent à ne plus pouvoir accueillir de patients étrangers.

La Ministre, consciente de l’importance de mettre en place des moyens pour lutter contre le cancer, a fait du Plan cancer l’une de ses priorités. Elle a annoncé que différentes initiatives viennent d’être mises en place ou sont en cours : étude de la KCE sur l’organisation des soins des tumeurs rares et complexes, appel à projets auprès des hôpitaux pour connaître leurs suggestions de projets-pilotes.

La Ministre reconnait par ailleurs que le dossier concernant la création d’un centre d’hadronthérapie est très complexe. Une étude de faisabilité est en cours et se déroule en deux phases. La première phase consiste en l’identification des besoins de la Belgique (nombre de patients notamment) pour justifier un tel centre. La deuxième phase (trouver des sources de financement) débutera si les conclusions de la première phase sont probantes. J'ai invité la Ministre à se montrer vigilante par rapport aux données chiffrées qui lui seront soumises. Par expérience, je sais que dès lors qu'il s'agit d'investir d'importants budgets dans une technologie médicale, l'on a souvent tendance à sous-évaluer nos besoins de cette technologie qui sont, il est vrai, compliqués à estimer.
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