La Shoah : le fil de la mémoire

Nous commémorons aujourd'hui le 66ème anniversaire de la libération par les Forces Alliées des camps où des millions d'êtres humains furent exterminés par les nazis en raison de leur origine ethnique, leur croyance religieuse, leurs idées ou leurs engagements politiques. Libéré par les Soviétiques le 27 janvier 1945, Auschwitz-Birkenau fut le plus important de ces camps d'extermination nazis et désigne désormais par symbole la Shoah. Auschwitz est quasiment érigé en concept, celui du mal absolu, celui que l’homme est capable de faire aux autres hommes.
 
S’il y a égalité dans la souffrance des victimes, le cas du peuple juif est particulier. Les nazis ont voulu réduire le peuple juif à néant, en les forçant à la fuite, puis à l’extermination. Si toutes les victimes de la déportation n’étaient pas juives, tous les Juifs étaient des victimes : le simple fait d’exister en tant que Juif était considéré comme un crime. Répondre à la question « Pourquoi ? » nous amène à tirer la même conclusion que l’Académicien français André Frossard : les victimes de la Shoah furent massacrées sous le seul prétexte d’êtres nées juives et d’avoir existé. 
 
L’Holocauste a été ainsi le point culminant d’une longue histoire de persécutions antisémites, de pogroms et de discriminations institutionnalisées depuis plus de 2000 ans. Au-delà de la disparition des victimes anonymes, des êtres humains tués un à un ou en masse, on commémore aujourd’hui le meurtre d’un peuple, de ses valeurs et de sa culture. Nous nous recueillons autour des cendres dispersées de ceux dont le droit à l’existence fut nié par des hommes, et dont « la solution finale » fut volontairement ignorée par la plupart des dirigeants de l’époque. « Le peuple juif a vu l’indicible, dans le silence et l’indifférence », a affirmé Elie Wiesel.
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