Le trait d'union entre la médecine et la politique

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Thierry Goorden m'a consacré une longue interview très complète dans le Journal du Spécialiste du 25 mai dernier. Je vous invite à retrouver l'intégralité de cet entretien ci-dessous.

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Remise du 2ème prix triennal de la fondation Clerdent au Professeur Pierre Maquet

Mardi 29 mai 2012, j'ai eu le privilège de remettre le Prix de la Fondation Simone et Pierre Clerdent au Professeur Pierre Maquet, spécialiste de la recherche sur le sommeil à l’université de Liège et neurologue au CHU de Liège. La remise du prix a eu lieu à Liège, dans la salle académique de l'Ulg, aux côtés de la Princesse Astrid. Toutes mes félicitations au Professeur Maquet. Ce prix lui permettra de soutenir, pendant les trois prochaines années, un projet de recherche médicale dans le domaine des maladies neurologiques humaines.

Voici le discours que j'ai prononcé lors de la remise du Prix de la Fondation Clerdent :

Madame,

Permettez-moi, une fois de plus, de Vous remercier pour votre présence, témoin de tout l’intérêt que Vous ne cessez de porter à la recherche médicale et aux neurosciences en particulier, en assistant cet après-midi à la remise du prix triennal de la Fondation Simone et Pierre Clerdent.

Monsieur le Gouverneur, Monsieur le 1er Vice Président du sénat et Bourgmestre de Liège, Monsieur le Vice-Recteur de la recherche à l’Université de Liège (ULg), Mesdames Messieurs en vos grades et qualités, Liège étant ma ville natale où j’ai fait mes études secondaires et universitaires, je peux vous dire : chers amis.

Ce n’est pas sans émotion que je prends la parole devant vous aujourd’hui. En effet, la cérémonie de ce jour devait initialement se dérouler le 13 décembre dernier quand elle fut annulée vu les circonstances dramatiques qui de déroulaient Place St Lambert où d’innocentes victimes, dont un bébé, furent froidement assassinées. Je ne puis m’empêcher de penser à elles.

Madame, voici 3 ans, Vous avez remis le prix de la Fondation Pierre et Simone Clerdent au Professeur Pierre Vanderhaeghen de l’ULB qui, depuis, n’a cessé de collectionner des prix scientifiques plus prestigieux les uns que les autres, le dernier en date étant le prix Francqui. Il semble donc, que le jury du prix Clerdent a le nez fin et que ses choix ne sont pas sans importance pour la carrière des lauréats. C’est ce que nous souhaitons au lauréat de ce jour.

Aujourd’hui, Madame, notre lauréat est un liégeois, élève du professeur Gustave Moonen qui en est très fier. Je dois dire, en tant que président du conseil scientifique de la Fondation, que cette année la cuvée fut particulièrement excellente et liégeoise car parmi les 9 candidats venant des 3 grandes universités francophones du pays, 6 étaient liégeois, tous candidats de grande valeur. La tâche du jury international ne fut pas simple mais un candidat survolait les autres, le Professeur Pierre Maquet et nous l’avons choisi à l’unanimité pour ce prix de reconnaissance et d’impulsion.

Agé de 51 ans, Pierre Maquet est diplômé Docteur en Médecine de l’ULg avec la plus grande distinction (LPGD) en 1986, docteur en sciences biomédicales expérimentales avec LPGD en 1990, médecin spécialiste en neuropsychiatrie en 1991, agrégé de l’enseignement supérieur à l’unanimité du jury de l’ULg en 1999 et actuellement, il est Directeur de recherches au FNRS. Son curriculum vitae est impressionnant : près de 200 publications dans des revues scientifiques de haut niveau telles que Lancet, Nature, Science pour ne citer que les plus célèbres, un livre et 30 chapitres de livres sur l’épilepsie et le sommeil, sommeil dont il est devenu l’un des plus grand experts internationaux. Il a également collectionné de nombreux prix dont celui de la Fondation Médicale Reine Elisabeth, dont Vous êtes, Madame, Présidente d’Honneur du Conseil d’Administration.

Il nous a soumis un projet de recherche original sur l’évolution des capacités cognitives et le fonctionnement du cerveau humain lorsque des individus sont soumis à de longues périodes de privation ou de déficit du sommeil. Son projet combinera génétique moléculaire, enregistrement EEG du sommeil, stimulation magnétique transcrânienne, étude IRM 3 Teslas et analyse de la trace mnésique, donc la mémoire. C’est un projet ambitieux mais d’actualité brûlante. En effet, de plus en plus de personnes sont soumises à des décalages horaires lors de voyages lointains et fréquents, de nombreux travailleurs, y compris dans le domaine de la santé, doivent s’adapter à des horaires fluctuants ce qui n’est pas sans conséquences sur leurs performances. Des accidents industriels sont souvent associés à des erreurs humaines intervenues durant les pauses de nuit. Etudier les conséquences de la privation de sommeil n’est donc pas sans intérêt. Le projet couronné ce jour est un projet original, ambitieux, précis, concis qui va nous aider à comprendre le comportement des individus soumis à un déficit chronique de sommeil et à prendre préventivement les mesures adéquates.

Parler du sommeil sans endormir son auditoire n’est pas simple, aussi vais-je conclure ici mon exposé en invitant S.A.R. La Princesse Astrid à me rejoindre pour remettre le prix triennal 2011 de la Fondation Simone et Pierre Clerdent au Professeur Pierre Maquet que je félicite au nom de tous les membres du jury.

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Biobanques : Quelle approche pour la Belgique?

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Ce 21 mai, j'organisais au Sénat un colloque sur le thème Biobanques : quelle approche pour la Belgique? Avec l'aide d'un panel de scientifiques de haut vol et de représentants de l'industrie et des autorités fédérales, nous avons tenté de répondre à de nombreuses questions laissées ouvertes par la législation actuelle (laquelle est justement sur le point de connaître quelques évolutions importantes) mais aussi le contexte économique et l'environnement européen.

Le Soir a consacré un article à l'organisation de ce colloque. Je vous propose de le retrouver ci-dessous.

Les biobanques sont des systèmes qui stockent les prélèvements effectués sur des patients. La première doit sans doute dater des autopsies pratiquées par Vésale au 16e siècle. Mais la médecine moderne les a multipliées. Avec des perspectives étonnantes : « Quand nous retirons une tumeur, la biologie moléculaire nous permet de mieux prédire comment elle réagira au traitement. Mais si nous la conservons, il est aussi possible de tester l’effet d’un médicament, même développé des années plus tard. Cela veut dire qu’en donnant ce prélèvement à la science, le patient peut non seulement aider d’autres patients, mais parfois également lui-même, s’il connaissait une rechute », explique le sénateur Jacques Brotchi (MR), neurochirurgien de renom, à l’initiative de cette confrontation.

De manière empirique, chaque équipe de recherche clinique a donc aujourd’hui constitué une biobanque. Mais la recherche désire aujourd’hui les interconnecter : « La vérité est que nous sommes plutôt mauvais, car 15 % seulement des médicaments fonctionnels in vitro ou sur modèle animal s’avèrent efficaces sur les humains. Ces échecs expliquent le coût astronomique du développement d’un médicament, près de 2 milliards. Utiliser le contenu de biobanques académiques nous permettrait de mieux comprendre la maladie et d’écarter plus rapidement un produit qui sera inutile ou trop nocif », explique Duncan Mac Hale, directeur du développement d’UCB, un producteur de médicaments. « En nous liant aux chercheurs académiques, nous avons la certitude de pouvoir progresser plus vite. Nous savons que l’on ignore aujourd’hui le mécanisme de déclenchement de nombreuses maladies. Quand un Parkinson est déclenché, on a perdu 80 % de ses facultés. Nous voulons développer des molécules qui puissent au moins ralentir son développement et savoir chez quels patients elles seront efficaces. »

« La réalité est que nous manquons cruellement de médicaments pour soigner les maladies. Associer secteurs privé et public autour d’un projet commun, où les droits de chacun sont respectés et où les patients donnent explicitement un accord éclairé sur les applications possibles des prélèvements réalisés est sans doute la seule voie possible », explique Michel Goldman, directeur de l’IMI, un partenariat public-privé qui investit 2 milliards d’euros pour lutter contre l’asthme, la schizophrénie ou le diabète.

Certains craignent une entrave

« Pour avoir une valeur scientifique forte, une masse critique de prélèvements est nécessaire. Mais il faut réconcilier les intérêts de l’industrie pharma et du patient. Les résultats doivent notamment être largement accessibles aux partenaires. » Il reste que les scientifiques réunis mardi craignent que certaines dispositions de la loi à venir, pourtant prises dans le but de protéger la vie privée des patients ou d’empêcher tout commerce de tissu humain, ne constituent une entrave à une recherche dopée en principe par l’échange global des résultats per- mis par la technologie contemporaine.

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Conférence de presse : Défibrillateurs, il faut oser sauver !

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Le 16 mai, les Députés MR Jacques BROTCHI et Françoise SCHEPMANS ont participé à une formation aux premiers gestes de secours et à l’utilisation des défibrillateurs externes automatiques (DEA).

Organisée au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, cette formation était assurée par le Professeur Pierre MOLS, médecin-chef des Urgences du CHU Saint-Pierre à Bruxelles et Président de l’Institut de Formation Continue Sciences et Médecine, et illustrait parfaitement la conférence de presse présentant les deux propositions de résolution déposées au Parlement par les quatre groupes politiques MR, PS, Ecolo et cdH :

• une proposition de résolution visant à sensibiliser et à promouvoir l’information et la formation sur les défibrillateurs externes automatiques (DEA) à l’école ; 
• une proposition de résolution relative au développement et à la promotion des cours de secourisme au sein de l’ensemble des secteurs de la Communauté française. 

Déposée à l’initiative du MR, le Député Jacques BROTCHI insiste sur toute l’importance de la proposition de résolution visant à sensibiliser et à promouvoir l’information et la formation sur les défibrillateurs externes automatiques (DEA) à l’école : « Sauver une vie est le plus bel acte de générosité que l’on puisse faire. Dans le monde agressif où nous vivons, il est temps de changer les mentalités. D’où toute l’importance d’informer et de former les élèves dans nos écoles à l’utilisation de défibrillateurs : il faut conditionner le jeune à faire un acte positif et à en parler à sa famille. Il faut démystifier, oser et agir ! »

Le Professeur Pierre MOLS a également défendu l’idée « que l’enfant peut propager l’idée d’oser sauver ».
Le Professeur Christophe SCAVEE, cardiologue et responsable de l’Unité de rythmologie, service de pathologie cardiovasculaire des Cliniques universitaires de Saint-Luc, et Jérôme Pâris, de la Fondation 112, ont tout deux rappelé, au cours de la conférence de presse, que « le fait que les défibrillateurs, installés dans de plus en plus de lieux publics, soient automatiques ou automatisés, ne signifie pas que la démarche soit automatique dans l’esprit des gens. En cas d’accident cardiaque, chaque seconde compte et il est donc important de continuer à promouvoir le numéro 112 pour ne pas perdre un temps précieux. »

En effet, tous les ans en Belgique, 10.000 personnes sont victimes d’un arrêt cardiaque en dehors des centres hospitaliers. L’utilisation combinée d’un DEA avec la pratique du massage cardiaque peut porter le taux de réanimation à hauteur de 50 à 75%, au lieu d’un taux de survie moyen de 5 à 10%.
En cas d’accident, il est important que, dans tous les milieux de la Fédération Wallonie-Bruxelles, les intervenants soient correctement formés aux premiers gestes à poser. Des formations ont ainsi lieu au sein de la police, des centres sportifs, des écoles… et du Parlement !
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Interview dans le magazine "L'Eventail" de mai 2012

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Retrouvez l'interview que j'ai accordée à la Revue "L'Eventail" dans son édition de mai 2012

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Des coupes sombres prévues dans le financement du FNRS?

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Le député MR Jacques Brotchi s’inquiète d’apprendre que le Fonds National de la Recherche Scientifique (FNRS) a été contraint, sur mesure budgétaire du ministre Nollet, de réduire de 12 millions d’euros le financement de ses appels à crédits, projets et mandats en 2012.

Le FNRS a en effet annoncé qu’il va devoir notamment faire passer à la trappe une trentaine de mandats de doctorants (sur 150!) pour l’appel à crédits 2012 et reporter de 6 mois la libération des montants 2012 pour les projets.

Interrogé à ce sujet en séance plénière du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles ce mercredi 2 mai 2012, le ministre Nollet a répliqué qu’au contraire de ce qui avait été annoncé par le FNRS, les crédits alloués au Fonds n’avaient en fait pas été gelés et qu’ils avaient même été légèrement augmentés.

Jacques Brotchi prend acte des déclarations de M. Nollet mais s’étonne de la dichotomie que l’on y relève par rapport aux annonces du FNRS. Faut-il comprendre que, pour le ministre, les responsables du FNRS ne comprennent pas les chiffres, qu’ils font de mauvais calculs et qu’ils devraient suivre des cours d’arithmétique ? s’interroge le libéral.

En outre, Jacques Brotchi, se dit conscient de l’effort de rigueur que nous devons tous fournir en cette période d’austérité budgétaire, mais surpris d’apprendre, une semaine après la soirée de clôture du Télévie et malgré l’intérêt que nous portons tous à la recherche, que l’on fait des coupes sombres dans le budget du FNRS. C’est une mesure malvenue qui pourrait avoir des effets désastreux. Comme le précise très justement le FNRS, «la recherche fondamentale constitue, en temps de crise, un élément de relance indispensable sur le long terme.»

Bien investi, le budget du FNRS permet de soutenir des activités économiques à très haute valeur ajoutée qui garantissent, entre autres, de maintenir en Wallonie et à Bruxelles des marchés de niche compétitifs à l’échelon mondial.
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